
Né d’un père, ouvrier du bâtiment et d’une mère, aide-soignante, Albeiro est le cadet d’une famille de huit enfants. Tout le monde travaille et la maison est modeste, mais digne. Déjà, on voit le petit gamin accompagner sa mère lorsqu’on l’appelle pour un malade ou un accidenté. A quatre, cinq ans, Albeiro se retrouve souvent seul, en compagnie de son grand père. C’est là que naîtra sa vocation. Presque comme par jeu, il va s’en occuper, jouer avec lui, puis l’écouter, le soigner et dormir contre lui, lorsqu’il était malade. La chaleur du cœur…
A la mort du grand-père, Albeiro sentit un vide, et tout naturellement, se dirigea vers "d’autres grand-père", des voisins aussi pauvres que lui. Il leur offrit son amitié, mais on le repoussa, tout d’abord. Mais bien vite, les abuelitos découvrirent les trésors d’amour qui étaient en lui, et très vite, le petit Albeiro s’occupa d’un petit groupe de sept petits vieux à qui il apportait un café, le matin, avant l’école, avant de les rassembler, le soir, pour parler, jouer, chanter… "revivre" ensemble.
Très vite on parla du "niño que regala café", de l’enfant qui apporte du café aux petits vieux. La presse fit le reste. La légende devint réalité.
La famille d’Albeiro compte huit enfants. Né le 7 Juin 1978, il en est le petit dernier. Son père est ouvrier du bâtiment, courant les chantiers pour faire vivre honorablement sa famille. Il est souvent absent. Sa maman travaille comme aide-soignante, et souvent, lorsqu’elle revient, le soir, on l’appelle pour secourir quelqu’un dans une maison voisine, ou dans la rue… On voit alors le tout petit Albeiro trottiner auprès de sa mère, à la probable rencontre de sa vocation. Les grands frères travaillent et les deux sœurs vont à l’école…La famille est modeste, pauvre, mais digne. Bientôt, Albeiro se retrouve seul, tous les jours, avec son grand-père. A ses côtés, le petit garçon va apprendre à s’occuper d’une personne âgée, à l’écouter, la nourrir, la laver, la soigner…
Auprès de lui, il apprend également la sagesse, la patience, l’amour de ceux qui ont construit le présent, même s’il est dur.
A cinq ans, Albeiro sera constamment aux côtés de son abuelito, tel un aide-soignant, un animateur. Presque un professionnel, déjà. Aussi, lorsque son grand père décède, c’est tout naturellement qu’Albeiro se tourne vers d’autres petits vieux du quartier, qu’il savait seuls et tristes.
Au début, on le regarde avec méfiance. Il n’est par commun qu’un enfant vienne s’occuper des Anciens. Méfiance ! Peut-être n’utilise t’il ce prétexte que pour venir voler… Un jour, sa mère s’aperçoit que du lait disparaît, régulièrement, dans le vieux réfrigérateur. Elle surveille, et prend Albeiro sur le fait. Quand il lui dit, entre deux sanglots, que c’est « pour les abuelitos », elle pardonne bien volontiers et lui donne deux thermos, qui seront, chaque matin, remplis de « tinto », le café doux des colombiens. Ainsi, avant d’aller à l’école, Albeiro ira, chaque jour, porter du café à ses abuelitos. Très vite, dans le quartier, on l’appelle « El Niño que regala café » (le gamin qui apporte du café aux petits vieux). L’enfant était « adopté », et son œuvre avait débuté… Rapidement, Albeiro constitue un petit groupe d’Abuelitos. Il les réunit, les promène, les fait bavarder, jouer, dans un jardin public, au bord de la rivière. Il a sept ans. Le matin, il va à l’école, très tôt. L’après-midi, il s’occupe de « ses protégés ».
Un jour, cependant, il rencontre une toute vieille femme, décharnée, qui pleure doucement en mâchant des racines, et des mégots de cigarette. Il va vers elle et la gronde gentiment. « Vous allez vous rendre malade, Abuelita ! » Dans un sanglot, la vieille lui dit qu’elle est seule, abandonnée dans la rue ; que sa fille l’a mise dehors, et se prostitue. Albeiro reçoit un choc et décide de donner une dimension supérieure à sa vocation. Immédiatement, il frappe à plusieurs portes, pour qu’on donne à manger à l’abuelita. Puis, il court les boutiques des quartiers proches, demandant, suppliant qu’on lui garde tout ce qui n’a pas été vendu, tous les restes, pour ses petits vieux. Un peu de pain, quelques œufs, du riz, de quoi faire une soupe claire… Ainsi monte t’il un réseau de commerçants bienfaiteurs, qui vont appuyer son œuvre. Certains l’aident encore, aujourd’hui.