
Lorsque parut Albeiro, sur les écrans de la télévision Française, le 26/10/91, tout le monde fut subjugué.
Comment un gamin de dix onze ans pouvait-il faire ce travail d’adulte et de professionnel ?
Des milliers de lettres affluèrent et de nombreux dons arrivèrent à un compte spécial. Un chèque global fut remis au jeune Colombien, sous le contrôle de l’Ambassade de France à Bogota.
Cependant, l’élan, le coup de cœur de la France ne s’arrêta pas là : A Bayonne, terre de Tauromachie, l’une des cultures du sud, un journaliste amateur, Patrick Beuglot, s’appuya sur l’amitié et le témoignage très patriotique d’un grand torero Colombien, Cesar Rincon, pour monter une action solidaire destinée à rassembler des fonds, sur trois mois de campagne, et les remettre au jeune Albeiro, que l’on ferait venir, en compagnie de la vedette.
C’est ainsi que l’association « Un Coin de Colombie » est née, le 17 Décembre 1991. Tous se mobilisèrent, et le 4 Avril 1992, sur la scène du théâtre de Bayonne, la somme de 166000 frs était remise à l’enfant prodige. Ce soir-là, une autre promesse fusa : « Aujourd’hui, on te remet de l’argent, demain peut-être, on t’enverra des bras ! ».
Conseiller d’orientation professionnel à la Mission Locale de Bayonne, Patrick Beuglot venait d’avoir une idée : « Un chantier de formation, pour des jeunes, en Colombie ». Deux ans après, la promesse était tenue…
Durant dix ans, le « Coin de Colombie » et son fondateur multiplièrent les actions, finançant une grande partie du fonctionnement d’Albeiro. Puis, des chemins se séparèrent… et naquit l’association « Des voix pour Albeiro Vargas ».
Même idée, même fondateur ! La continuité !
Quelques propos, un témoignage… ceux de Patrick Beuglot.
« Je ne pensais jamais me lancer dans une action humanitaire, mais je crois beaucoup au Destin, et dès qu’Albeiro Vargas parut à l’écran, en Octobre 1991, j’avais pris ma décision.
J’aurais pu, comme beaucoup, « envoyer un chèque », et m’endormir sur ma bonne conscience. Une idée, une décision, que je n’ai jamais regrettée, et plus de quinze ans de travail. Le Destin m’a aidé à une aventure, profondément humaine, sincère, et « propre ». Cela n’a pas été facile, mais lorsque l’on est « vrai » dans ce que l’on fait, les gens s’en aperçoivent, et vous aident… C’est ce qui m’a permis de rencontrer et d’entrer en amitié avec des gens connus, simples et totalement formidables : Avant tout, César Rincon, bien sûr : Son témoignage sur « l’autre Colombie », celle qui veut avancer « proprement, honnêtement » fut à la base de l’action ; Mais aussi les chanteurs corses d’I Muvrini, magnifiques parrains ; les amis des chœurs basques d’Oldarra ; les gens de presse, comme Patrick de Carolis, alors « patron » du magazine « Des Racines et des Ailes »… et des milliers d’anonymes, de tous âges… Tous nous ont aidés, et nous aident encore.
Cela fait plus de quinze ans, donc, que je travaille « pour » et « avec » Albeiro, un véritable phénomène, dont on a du mal à expliquer l’énergie, la puissance, la foi et le courage. Quinze ans à chercher des pistes, convaincre des gens de toutes conditions, de toutes convictions. Ce fut et c’est… une véritable aventure
Ce fut la première action en début 1992, et son aboutissement, le 4 avril, sur la scène du Théâtre de Bayonne, avec le petit Albeiro. Le « Coin de Colombie » était lancé !
Puis le chantier, en Colombie, parce que mes employeurs, à la Mission Locale, « m’avaient » suivi, dans mon projet. Ce ne fut pas facile, mais en fin 1996, Albeiro avait deux centres de vie à sa disposition, grâce à la France, grâce à nous et… au Destin.
Le 2 Juin 1998, au Parlement de Strasbourg, je recevais, au nom du « Coin de Colombie », le Prix Albert Schweitzer, attribué par la Fondation Goethe. Albeiro était présent à mes côtés et ce fut très émouvant pour tous. Il faut savoir que durant toutes ses années, nous avons fait venir Albeiro en France (treize fois) afin qu’il assure à tous, la bonne utilisation des fonds reçus, et parle de ses projets. De mon côté, j’ai fait cinq voyages en Colombie, travaillant près de quatre mois aux côtés de ce jeune prodige. Vraiment un phénomène d’amour, d’intelligence et de vraie solidarité.
Le 6 Juin 1998, un hommage lui était rendu en public, devant 14000 personnes, sur la scène de Bercy, par Jean-François Bernardini, leader du groupe Corse « I Muvrini », qui nous parrainait. Je les avais contactés en 1996, suite à un concert qui m’avait ému. Hélas, « ce 6 Juin là » était la veille d’un certain Mondial de foot 98… et l’on ne vit jamais les images de Bercy, à la Télévision…Mais elles sont là…
Le 11 Novembre 1998, un nouveau reportage sur Albeiro passait dans « Les Racines et des Ailes » où je fus invité par Patrick de Carolis. Une semaine plus tard, une avalanche de courriers et de dons nous envahissait. Six mois plus tard, la somme des dons atteignaient 690 000 Francs, dont je peux assurer que chacun a été reversé au jeune Albeiro. Je l’assure, malgré les problèmes qui en ont découlé… En effet, cette somme gigantesque a, en quelque sorte, « démotivé » ceux qui, déjà, ne l’étaient pas forcément… Une action humanitaire, surtout dans ce cas précis, c’est une imagination et un travail de chaque jour. Ce n’est pas donné à tout le monde, mais tout le monde doit essayer… Alors, faute d’appui, je suis parti un peu plus loin… et j’ai reconstruit une nouvelle action, car, je tiens Albeiro pour un véritable exemple, un nouvel Abbé Pierre en civil, une Mère Theresa ou Sœur Emmanuelle, au masculin…
Il a tant à faire et il y est prêt, pour le bien du monde entier. C’est pour cela qu’il ne faut pas le lâcher… Avec tous nos amis, avec tous ceux qui viennent sur ce site… nous sommes tous « Des voix pour Albeiro Vargas»