
Un jour, un journaliste de Bucaramanga entend parler « de ce gosse de dix ans », qui aide les « abuelitos de la calle », les petits vieux, perdus dans les rues des quartiers nord.Il lui consacre un article qui donnera au jeune prodige un nom de baptême, qui va le suivre toute sa vie : « L’Ange de Ciudad Norte »… Cet article permettra au gamin de faire connaître son action et de la faire prospérer.
Un an plus tard, un grand reporter Français découvre l’article et le phénomène. Il décide de consacrer à l’enfant un reportage qui, pour la France toute entière, sera une véritable révélation.
L’impact causé par ces images et ce sourire, ira bien au-delà du simple geste d’admiration, de la générosité légendaire des Français… Il sera à la base d’une action durable, née au Pays Basque Français, qui dure encore aujourd’hui, à laquelle participeront « des gens de bien », venus de toute l’Europe.
L’enfant qui, en 1990, recevait une quinzaine d’abuelitos, quatre par quatre, dans sa propre maisonnette, dirige aujourd’hui un centre de vie qui accueille chaque jour cent cinquante abuelitos, et « fédère » quarante deux foyers dits « de charité » du département, très démunis, leur apportant son aide, son énergie et son espoir en un meilleur lendemain.
Tandis que le jeune Albeiro multiplie ses initiatives, en faveur de ses Abuelitos… Euclides Ardila, un journaliste du grand quotidien de Bucaramanga « La Vanguardia Liberal », découvre sa vocation et lui consacre un article. Sous le titre « El Angel del Norte » (l’Ange des quartiers nord), on peut découvrir l’aventure d’Albeiro Vargas, dix ans…
Cet article servira « de passeport » à Albeiro. Dès alors, partout où il ira négocier une aide ou un bout de pain pour ses abuelitos, il montrera le bout de journal en s’écriant « Il faut m’aider ! Vous voyez… je suis l’ange de Ciudad Norte ».
Euclides Ardila continue à suivre Albeiro Vargas. On peut l’entendre dire aujourd’hui que la Fondation Albeiro Vargas et ses Anges-Gardiens » est un véritable « mécanisme de Paix » dans une région aussi conflictuelle que Bucaramanga et la Colombie tout entière…
Mais Euclides Ardila n’avait pas deviné que son article allait révéler Albeiro… au monde entier.
A Bogota, un reporter Français, Tony Comiti, lut l’article sur Albeiro, et décida de tourner sur lui un document qu’il destinait à la Télévision Française. Un beau matin, une petite équipe de techniciens frappa à la porte d’Albeiro. L’enfant était abasourdi. On lui dit de ne pas se préoccuper des caméras, de faire ce qu’il faisait tous les jours. L’enfant s’exécuta, sans se rendre compte que ces images allaient changer son destin.
Le 26 Octobre 1991, le magazine de Tf1, « Reportages », révélait à la France entière, Albeiro Vargas, onze ans, qui, accompagné de ses petits copains, baignait une petite vieille femme, devant la masure qui l’abrite.
Ce jour là, la Télévision révélait « un petit enfant » qui, dans les bas fonds de Colombie, faisait ce que la plupart d’entre nous, adultes, n’étions capables de faire. Le reportage toucha, au plus profond, des milliers de téléspectateurs. La France venait d’adopter Albeiro Vargas. Il y eut collecte immédiate de dons, mais au Pays Basque, une idée naquit, et l’action créée perdure encore aujourd’hui…